Le SDAU du Haut Rhône une pièce dans l'organisation de la « Région Urbaine de Lyon » (dans sa définition de 1973)
La France d'après guerre connaît une croissance et un développement sans précédent que les représentants de l’Etat souhaitent organiser afin de mieux préparer l’avenir.
La planification est à l’ordre du jour.
Lyon qui compte déjà un million d’habitants sur l’agglomération réfléchie comme les autres grandes villes françaises, à l’aménagement de son territoire et élabore pour ce faire, en 1960, un Plan d’Aménagement et d’Organisation Générale (PADOG) qui concerne le département du Rhône et de larges portions des départements de l’Ain et de l’Isère sous influence de Lyon.
En 1963 la création de la DATAR répond à l'ambition de l'Etat français de parvenir à rééquilibrer l'aménagement du territoire en favorisant l'émergence de véritables métropoles régionales.
Huit métropoles d'équilibre sont alors désignées dont Lyon-Saint-Étienne-Grenoble. En 1966, sont créés les Organisations d'Etudes d'Aménagement des Aires Métropolitaines (OREAM) autour de cinq des métropoles d'équilibre confirmées par la loi d'orientation foncière (LOF) de 1967.
Placées sous l'autorité du groupe central de planification urbaine (comité de coordination interministériel, créé en 1964), la responsabilité des équipes OREAM était confiée à de jeunes ingénieurs des Ponts et Chaussées qui ont rassemblé autour d'eux des équipes pluridisciplinaires.
La réflexion initiée dans le cadre du PADOG de Lyon se poursuit donc à l’échelle de l’aire métropolitaine Lyon-Saint-Etienne-Grenoble dans le cadre de l’OREAM.
En se fondant sur leurs études, les ingénieurs et urbanistes de l’OREAM imaginent des pôles d’attraction économiques et urbains, proposent de déplacer l’aéroport de Bron à Satolas pour lui donner une envergure internationale et envisagent de créer deux villes nouvelles. L’une serait établie dans l’Isère près de l’Isle d’Abeau, l’autre dans l’Ain entre Meximieux et le village de Loyettes.
L’espace autour de Loyettes –Saint Vulbas entre Rhône et Ain, en amont de leur confluence, serait destinée à l’accueil de diverses industries sur 3 000 à 4 000 hectares.
Ce schéma est adopté par Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) le 08 février 1968.
Au cours de la même période, EDF en recherche de sites pour implanter ses centrales nucléaires est séduit par une zone de plaine située au sud du département de l’Ain et bordée par le Rhône.
En 1965 débutent la construction du douzième projet de centrale nucléaire : la centrale du Bugey.
En Février 1973, par décision du ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Equipement, du Logement et du Tourisme est créée la Cellule d’Etudes et d’Aménagement de la Plaine de l’Ain (CEAPA).
Cette cellule installée à Bourg-en-Bresse dans les locaux de la Direction Départementale de l’Equipement est chargée d’étudier l’aménagement du site de la Plaine de l’Ain afin à des fins industrielles comme le prévoyaient les études de l’OREAM.
La mission de la CEAPA est étendue à l’étude du Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) du Haut Rhône, outil institué par la loi d’orientation foncière de 1967.
L’enjeu est d’organiser le développement volontaire prévu par l’OREAM : la population des 81 communes qui composait le périmètre du SDAU devait passer de 99 000 habitants en 1968 à 177 000 en 1985 et 300 000 en 2000 !
L’ambition du SDAU énoncée clairement se décline en plusieurs points:
- « Développer un ensemble urbain permettant l’accueil d’une certaine fraction de la croissance lyonnaise et mettant à disposition d’une région rurale de nouveaux équipements »
- « Faire que cet ensemble urbain serve d’environnement au développement d’une plateforme industrielle lourde, de plus en plus indispensable pour accueillir les industries de base nécessaires à un nouvel essor de l’économie régionale et locale (industrie chimique notamment) ».
La lettre du Syndicat mixte du schéma directeur Bugey - Côtière - Plaine de l'Ain n°5 - avril 2011